Chérir l'art, c'est chérir la liberté
Ma démarche est née d’un seul trait : celui de la liberté. Cette liberté trouve sa source dans la rencontre avec un visage, un paysage, une culture... Ces expériences laissent des traces — un mot, un parfum, une couleur — que ma mémoire conserve, entremêle et métamorphose en de nouveaux récits, de nouvelles aventures !
Une rencontre peut être douce, joyeuse, providentielle. Elle porte aussi parfois du « contre » : une résistance, un heurt, quelque chose qui bouscule nos repères ou provoque un mouvement de rejet. Face à ce rejet qui fracture le monde et empêche notre pleine liberté, la beauté peut être une réponse à la brutalité de certains actes, de certains discours. Le papier devient alors mon instrument de lutte, déployé par le dessin, les formes et les histoires.
Mon travail prend forme dans une pluralité de médiums : embossage, aquarelle, encre, terre et peinture, mais le papier en est le fil conducteur : découpé, creusé, plié ou sculpté, il accueille le trait, la couleur et le volume. Dans cet univers plastique, les formes, personnages et motifs circulent d’une œuvre à l’autre, créant une cartographie et une mythologie intimes où les djinns côtoient les fleurs, l’enfance rejoint le féminin, et la joie se mêle aux ombres.
La poésie traverse ma démarche car elle accompagne les formes, les couleurs et les matières. Elle prolonge ce qu’elles racontent. La poésie devient parfois la matière même de l’œuvre. Mon travail est à la fois visuel et sonore, affirmant qu'il faut dire la liberté par tous les moyens possibles.
Parce que la condition même de notre existence réside dans l'autre — richesse en temps de paix, mais cible en temps de guerre —, chérir la rencontre est indissociable de chérir la liberté. Chaque œuvre s'offre ainsi comme un espace d'hospitalité, d'accueil et d'ouverture à l'altérité.
